Dossier & infographie : le marché des voitures d’occasion en France

Avec près de 5 777 204 millions de véhicules d’occasion vendus en 2019, le marché de seconde main se porte mieux que jamais.

Pour rappel, au sens purement fiscal du terme, un véhicule d’occasion est un véhicule âgé de plus de 6 mois à la date de livraison et ayant parcouru plus de 6 000 kilomètres. 

Le record d’immatriculations a été battu en 2019 en France. À un tel point qu’avec les 2,2 millions de voitures neuves vendues, le ratio de vente de véhicule neuf / véhicule d’occasion s’élève à 2,61. 

Quelles marques ont excellé ? Quels ont été les modèles de véhicule les plus vendus ? Les grandes tendances du marché ? Quelles sont les nouveautés de 2020 à prévoir, en terme de législation ? Villa Automobiles vous dit tout sur le marché du véhicule d’occasion.

 

Les voitures d’occasion plus prisées face aux véhicules neufs

En 2019, le nombre de voitures d’occasion vendues étaient deux fois supérieur au nombre de véhicules neufs vendus. Cette croissance du marché des voitures d’occasion n’est pas prêt de s’arrêter en 2020. Bien au contraire, sur janvier et février, le ratio des ventes de voitures était de 3,3 véhicules d’occasion pour 1 véhicule neuf. 

Mais d’où provient cette tendance de l’occasion ? 

Dans un premier temps, acheter un véhicule d’occasion permet de limiter le coût de l’achat. En effet, selon Guillaume Paoli, président d’Aramisauto, “le prix est le premier critère de décision dans l’achat d’une voiture”. Aujourd’hui, une tendance se démarque : les Français sont de moins en moins enclins à investir autant dans un véhicule, ou à souscrire à des emprunts. En fonction du kilométrage, ou la dégradation de la voiture, les prix des véhicules d’occasion deviennent vite avantageux. 

De plus, il peut être utile de prendre en considération l’usage que vous ferez de l’automobile. Pour de petits trajets, un véhicule d’occasion avec déjà des kilomètres au compteur suffira, et ce ne sera pas forcément nécessaire d’opter pour un véhicule neuf.

Dans un second temps, la législation des véhicules neufs s’est durcie depuis le 1er mars 2020. Désormais, lorsqu’un particulier achète ou loue son véhicule, il est redevable d’une taxe additionnelle sur le certificat d’immatriculation, connue sous le nom de « malus écologique ».Cette taxe est bien plus élevée pour les véhicules neufs, que pour les véhicules d’occasion. Alors que depuis le 1er janvier 2020, le plafond du malus écologique pour les véhicules neufs était de 12 500 €, il s’élève à présent à 20 000 €.

Quand le montant du malus écologique est plafonné à 1 000 € pour les véhicules d’occasion, on comprend mieux l’attrait qu’ils suscitent en 2020.

Une exonération est toutefois possible pour les personnes souffrant d’un handicap. En effet, elle sont parfois dans l’obligation de se déplacer en voitures automatiques, qui peuvent être très polluantes.

 

Les véhicules les plus recherchés en France

En 2019, c’est la Renault Clio qui arrive en tête de liste : pas moins de 390 995 modèles se sont vendus sur le marché. Puis, viennent la Citroën C3 et la Citroën C4, qui cumulent à elles deux près de 402 575 ventes.

Les marques ayant cumulé le plus de ventes sont, dans l’ordre, Renault (1 189 328 véhicules), Peugeot (1 061 690) et Citroën (707 365). 

Marque française voiture d'occasion

Volkswagen se place en première position sur le podium des marques étrangères, avec un total de 440 226 ventes. Suivi de près par la marque BMW, qui enregistre une impressionnante croissance de 10%, avec 228 533 véhicules d’occasion vendus en 2019.

Au niveau de l’ancienneté, trois types de véhicules sont particulièrement prisés. Dans un premier lieu, ce sont les automobiles qui sont âgées de 2 à 5 ans. Elles occupent 24% de part de marché en janvier 2020, soit une hausse de 9% par rapport à l’année précédente. 

Cet intérêt pour les véhicules récents est causé par le souhait des consommateur d’acheter des biens de qualité à moindre coût. Ce sont également des véhicules très recherchés par les circuits professionnels

Ensuite, ce sont les voitures entre 6 et 10 ans, avec 21% de part de marché à leur actif. 

Enfin, les véhicules de plus de 15 ans ont toujours la côte auprès des consommateurs. En janvier 2020, cette tranche d’âge occupait près de 17% des parts de marché. 

L’attrait pour des véhicules ayant un kilométrage élevé peut s’expliquer par le fait qu’une voiture de plus de 100 000 km a souvent perdu au moins la moitié de sa valeur. Bien que la revente soit plus compliquée, le risque de perte d’argent sur un véhicule ayant un bon vécu est donc amoindri. Cela peut s’avérer être une bonne solution si vous comptez “finir” la voiture, et que vous n’envisagez pas forcément de la revendre. 

Côté carburant, les ventes de véhicules au diesel restent majoritaires (près de 60% des ventes du marché), malgré une légère baisse. Les ventes de véhicules à essence s’élèvent à 37%, et bénéficient donc d’une légère hausse par rapport à l’année précédente.

 

Les changements législatifs à venir

Cette année, des changements législatifs sont à prévoir. En effet, le 29 janvier 2020, le sénateur Alain Fouché a soumi une proposition de loi au Sénat visant à sécuriser la vente des véhicules d’occasion. 

La soumission de ce texte est motivée par le constat suivant : de plus en plus d’acheteurs sont victimes de fraude au kilométrage, de malfaçons, de vices cachés, ou encore de voitures volées…

Pour palier à ce problème, l’état avait déjà mis en place la plateforme Histovec en janvier 2019 : un outil mis en place par le gouvernement pour assurer la traçabilité des véhicules. Le problème, c’est que cette plateforme ne dispose que des informations détenues sur le registre d’immatriculation des véhicules. Ce qui est nettement insuffisant. 

vérification voiture occasion

De plus, aucune information concernant le kilométrage des véhicules n’est renseignée sur la plateforme.

Selon Alain Fouché et ses collègues, l’objectif de cette loi est donc de donner une existence légale à la plateforme Histovec. Cette légitimité passe par la création d’un registre national, qui rassemblera l’ensemble des données se rapportant à un véhicule. 

Ces données sont les suivantes :

  • l’historique du kilométrage des véhicules (qui serait déterminé lors des passages en centres techniques)
  • la date de la première mise en circulation du véhicule
  • les changements successifs de propriétaire
  • les sinistres qui ont donné lieu à une procédure « véhicule à réparation contrôlée par un expert automobile »
  • la situation administrative du véhicule
  • ses caractéristiques techniques

Le sénateur Alain Fouché souhaite également que les ventes d’un véhicule d’occasion fassent l’objet d’un contrat écrit. Pour cela, il charge les pouvoirs publics d’établir un contrat-type. Ce contrat devra reprendre les informations importantes, telles que la marque et le modèle du véhicule, le kilométrage affiché au compteur au moment de la vente, le prix de vente, la date de la vente, l’identité, l’adresse et la signature de l’acheteur et du vendeur.

Le sénateur préconise également que le vendeur soit obligé de remettre à l’acheteur un certificat retraçant l’historique et les caractéristiques du véhicule «tel qu’établi auprès du registre national». 

Rappelons que si ce texte est mis en application, c’est pour compliquer la tâche des escrocs, qui ont tendance à profiter de la très grande (trop grande) naïveté de certains acheteurs. En effet, selon une étude réalisée par Les Echos, près de 13% des Français sont prêts à acheter leur véhicule d’occasion sur Internet sans même l’essayer ou vérifier sa fiabilité auparavant.

 

Le parcours d’achat du véhicule d’occasion très digitalisé

La digitalisation du marché de l’automobile, et en particulier du marché des véhicules d’occasion, ne cesse de se développer.  

Les interactions digitales des consommateurs s’articulent autour de recherches d’informations concernant le prix, les marques, les modèles, la reprise, les possibilités de financement, les adresses des concessions et les avis de consommateurs. 

Les chiffres sont parlants : les sources d’informations utilisées dans l’achat d’une voiture d’occasion sont, dans l’ordre, les moteurs de recherche (68%), les sites de petites annonces (61%), et le bouche à oreille (41%). 

Pendant leurs recherches en ligne, les critères retenus par les futurs acheteurs sur l’achat des véhicules d’occasion sont le choix et le prix. En effet, selon une étude réalisée par La Centrale, près de 54% des Français préfèrent les annonces en ligne car elles permettent un plus grand choix de véhicules, et 57% leur accordent une préférence pour les prix généralement plus bas, qu’elles proposent.

La durée du parcours d’achat des véhicules d’occasion tend à se raccourcir. En effet, près de 51% des consommateurs sont prêts à acheter une voiture après moins d’un mois de recherche. Ce laps de temps, relativement court, peut s’expliquer par une logique de research online, purchase offline. C’est-à-dire que les internautes recherchent les informations sur internet, détectent les offres intéressantes, et se rendent en concession les acheter. 

Ce parcours d’achat simplifié et phygital, explique donc la rapidité d’achat des véhicules d’occasion.

 

Le marché des voitures d’occasion en Infographie

L’infographie ci-dessous relate les chiffres clés du marché de l’automobile en 2019.

Infographie marché des voitures d'occasion

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Le marché de l’occasion en 2020 ?

L’année 2019 s’est illustrée par d’excellents résultats en terme de ventes de véhicules d’occasion. Cette croissance s’est confirmée et s’est poursuivie en ce début d’année 2020 : les mois de janvier et février ont connu une hausse respectivement de 13% et 9% des ventes par rapport à l’année précédente. 

Avec la mise en place du “malus écologique”, de plus en plus de consommateurs se tourneront vers le marché d’occasion. Il y a donc fort à parier que la croissance des ventes sera exponentielle, touchant notamment les véhicules neufs, ayant été immatriculés artificiellement. Le marché des voitures d’occasion a encore de beaux jours devant lui !